Guide Métier 2026

RC Pro Développeur Web : le guide complet

Lundi 9h, un e-mail de votre client : son site e-commerce est tombé ce week-end après votre dernière mise à jour. 72 heures d'indisponibilité, 18 000 € de chiffre d'affaires perdu, et une mise en demeure jointe au message. La RC Pro du développeur web n'est pas une obligation légale — mais c'est la seule chose qui sépare votre activité d'un sinistre à cinq chiffres. Selon les données sectorielles, environ 390 000 développeurs exercent en France sous le code NAF 6201Z, et leur nombre croît de plus de 10 % par an grâce à l'explosion du freelancing tech.

Ce guide détaille les garanties, exclusions, prix et pièges contractuels de la RC Pro pour développeurs web, mobile et logiciel. Le vrai danger du développeur freelance n'est pas le bug visible — c'est le dommage immatériel non consécutif que la plupart des contrats généralistes plafonnent à 15 000 € alors que les préjudices réels dépassent souvent 50 000 €. Et vous, votre plafond DINC est-il suffisant pour couvrir un arrêt de production chez votre client ?

14 min de lecture Mis à jour 2026 Sources officielles

Qu'est-ce que la RC Pro développeur web ?

La responsabilité civile professionnelle (RC Pro) du développeur web couvre les conséquences financières des dommages causés à un client ou à un tiers dans le cadre de votre activité de développement : erreur de code, retard de livraison, faille de sécurité, perte de données, non-conformité d'un livrable. L'assureur prend en charge les frais de défense, les dommages et intérêts et les indemnisations, dans la limite des plafonds contractuels.

Contrairement aux métiers du BTP où la décennale prime, le développeur web opère dans un univers de dommages immatériels : la perte n'est pas un mur fissuré mais un site indisponible, des données volées ou un lancement raté. C'est pourquoi la garantie DINC (dommages immatériels non consécutifs) est le cœur du contrat — et le point à vérifier en priorité.

6201Z
Code NAF — Programmation informatique
~390 000
Développeurs en France (donnée sectorielle)
dès 150 €
Prix annuel RC Pro constaté en 2026

Front-end / Intégrateur

HTML, CSS, JavaScript, React, Vue. Risques : accessibilité, performances, compatibilité navigateur.

Back-end / API

PHP, Node.js, Python, bases de données. Risques : failles de sécurité, injection SQL, perte de données.

Full-stack / Freelance généraliste

Cumul front + back + déploiement. Risques : périmètre de responsabilité élargi, obligation de résultat fréquente.

Mobile / Apps natives

iOS, Android, React Native, Flutter. Risques : bugs post-publication, rejection App Store, fuite de données.

CMS / E-commerce

WordPress, Shopify, PrestaShop, Magento. Risques : plugins vulnérables, paiement non sécurisé, downtime.

DevOps / SaaS / Cloud

CI/CD, Docker, AWS, infogérance. Risques : responsabilité continue post-livraison, SLA, perte d'exploitation.

Les dommages couverts se répartissent en trois catégories : les dommages matériels (destruction d'un serveur, casse de matériel confié), les dommages corporels (blessure d'un tiers dans vos locaux), et surtout les dommages immatériels — consécutifs (perte de CA après un bug) ou non consécutifs (préjudice financier pur sans dommage matériel préalable). C'est cette dernière catégorie, les DINC, qui représente selon les courtiers spécialisés plus de 80 % des sinistres déclarés en développement informatique.

La RC Pro est-elle obligatoire pour un développeur web ?

Non, la RC Pro n'est pas légalement obligatoire pour les développeurs web. Le développement informatique (code NAF 6201Z) ne figure pas parmi les professions réglementées listées par le Code des assurances (articles L241-1 à L243-9). La convention collective SYNTEC, qui encadre la majorité des prestations informatiques, n'impose pas non plus de souscription obligatoire.

Cependant, l'article 1240 du Code civil dispose que « tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». Concrètement, si un bug, une faille ou un retard de livraison cause un préjudice financier à votre client, vous êtes personnellement responsable — avec votre patrimoine — de l'intégralité de l'indemnisation. En micro-entreprise, cette responsabilité est illimitée.

Exigence contractuelle quasi systématique

D'après les retours terrain, environ 87 % des entreprises B2B exigent une attestation RC Pro avant de signer un contrat avec un freelance tech. Sans attestation, vous perdez l'accès à la majorité des missions qualifiées.

Responsabilité illimitée sans assurance

En entreprise individuelle (micro-entreprise ou EI), votre patrimoine personnel répond de vos dettes professionnelles. Un sinistre DINC de 50 000 € non couvert peut mettre votre activité — et vos biens — en péril.

Coût dérisoire vs risque supporté

Selon les données de marché, une RC Pro développeur web démarre autour de 150 € par an. C'est moins qu'un abonnement mensuel à un outil SaaS, pour une couverture pouvant atteindre 500 000 € par sinistre.

Point de vigilance
Portage salarial et CAE. Si vous exercez en portage salarial ou via une coopérative d'activités (CAE), la société de portage fournit sa propre RC Pro. Vérifiez les plafonds et les exclusions : certains contrats de portage plafonnent les DINC à des montants insuffisants pour des missions critiques.
L'angle mort
L'angle mort du développeur web
La plupart des développeurs freelances pensent que leur contrat de prestation les protège via des clauses de limitation de responsabilité. En réalité, ces clauses sont régulièrement écartées par les tribunaux français lorsqu'elles portent sur l'obligation essentielle du contrat (article 1170 du Code civil). Votre clause "responsabilité limitée au montant de la prestation" ne vaut rien face à un juge si le bug affecte le cœur du livrable.
Conséquence : Selon les retours de courtiers spécialisés, un développeur freelance sur trois fait face à une réclamation client de plus de 10 000 € au cours de ses cinq premières années d'activité.

Les risques spécifiques du développeur web

Le développeur web évolue dans un environnement où chaque ligne de code peut devenir un vecteur de responsabilité. Un oubli de validation, une dépendance npm compromise, un déploiement hâtif un vendredi soir — les scénarios de sinistre sont aussi variés que les stacks techniques utilisées. Ces risques sont partagés avec d'autres métiers du numérique, notamment les consultants IT freelances qui s'exposent à des problématiques similaires de DINC et de cyber-risques.

Bug bloquant en production

Une mise à jour qui casse un site e-commerce, une API qui retourne des erreurs 500, un panier qui ne calcule plus la TVA. Chaque heure d'indisponibilité représente une perte de CA directe pour le client.

Faille de sécurité et vol de données

Injection SQL, XSS, CSRF, dépendance compromise : une vulnérabilité non détectée peut exposer les données personnelles des utilisateurs. Depuis le RGPD, les conséquences financières incluent les amendes CNIL en plus des dommages et intérêts.

Retard de livraison

Un projet livré avec trois semaines de retard peut empêcher un client de lancer sa campagne marketing, de respecter une obligation contractuelle ou de générer les revenus prévus. Le préjudice est un DINC pur.

Non-conformité du livrable

Le site ne correspond pas au cahier des charges, les performances sont insuffisantes, l'accessibilité RGAA n'est pas respectée. Le client refuse la recette et réclame le remboursement plus le surcoût de reprise.

Perte de données client

Une mauvaise manipulation en base de données, un backup défaillant, une migration ratée : la perte de données métier d'un client (commandes, fichiers clients, historiques) génère des sinistres souvent supérieurs à 20 000 €.

Atteinte à la propriété intellectuelle

Utilisation d'une bibliothèque sous licence GPL dans un projet propriétaire, réutilisation de code d'un précédent client, utilisation d'images sans licence. Les réclamations en contrefaçon sont de plus en plus fréquentes dans le numérique.

Intégrateur / site vitrineNon-conformité, accessibilitéModérée (5-15 k€)Moyen
Développeur e-commerceBug paiement, indisponibilitéÉlevée (20-80 k€)Élevé
Développeur d'API / SaaSFaille sécurité, perte donnéesTrès élevée (50 k€+)Critique
Développeur mobileBug post-publication, RGPDÉlevée (15-50 k€)Élevé
DevOps / infogéranceSLA non respecté, downtimeTrès élevée (50 k€+)Critique

Sinistres courants et montants

Les montants ci-dessous sont des fourchettes indicatives reconstituées à partir de décisions de jurisprudence, de retours d'expérience de courtiers spécialisés en risques tech et de données publiées par les organismes professionnels du secteur (Syntec Numérique, CNIL).

35 000 €

Site e-commerce hors ligne 72 heures

Une mise à jour de plugin mal testée casse le tunnel de paiement d'une boutique en ligne. Le client perd trois jours de ventes pendant une période promotionnelle et réclame le CA perdu plus les frais de restauration d'urgence.
45 000 €

Fuite de données personnelles (RGPD)

Une injection SQL non corrigée expose la base utilisateurs d'un client (12 000 comptes). Le client doit notifier la CNIL et les utilisateurs, engager un audit forensique, et vous réclame les frais de notification et de remédiation.
22 000 €

Application mobile rejetée et lancement raté

L'app livrée est rejetée par l'App Store pour non-conformité aux guidelines. Le lancement prévu pour un événement est reporté de six semaines. Le client chiffre le préjudice en perte de visibilité et coûts marketing engagés.
55 000 €

Migration ratée : perte de données métier

Lors de la migration d'un ERP on-premise vers le cloud, une erreur de script supprime l'historique des commandes sur deux ans. Le client doit reconstituer manuellement les données et perd la traçabilité comptable.
18 000 €

Retard de livraison et pénalités contractuelles

Un projet de refonte web accumule quatre semaines de retard. Le client avait planifié une campagne média nationale autour du lancement. Il réclame les frais engagés non amortis et les pénalités prévues au contrat.
28 000 €

Contrefaçon involontaire de code open source

Un développeur intègre une bibliothèque sous licence AGPL dans un projet propriétaire sans le déclarer. Le titulaire de la licence exige la mise en conformité ou le retrait du code, générant des frais de réécriture et de conseil juridique.

Les garanties essentielles à vérifier

Tous les contrats RC Pro ne se valent pas pour un développeur. Les contrats généralistes couvrent souvent les dommages matériels et corporels classiques, mais sous-estiment les spécificités des métiers du code. Voici les garanties à vérifier ligne par ligne avant de signer. Les graphistes et designers freelances partagent ces mêmes enjeux de propriété intellectuelle et de responsabilité sur livrable numérique.

C'est LA garantie critique pour un développeur. Le DINC couvre les pertes financières pures subies par le client sans qu'un dommage matériel ait eu lieu. Exemple : un bug qui fait perdre du CA sans détruire de matériel. Vérifiez que le plafond DINC est d'au moins 100 000 € pour un freelance, et 300 000 € pour une agence. Selon les courtiers spécialisés, environ 80 % des contrats généralistes plafonnent les DINC à 15 000 € — insuffisant pour une mission critique.

La RCE couvre les dommages causés à des tiers en dehors de la prestation elle-même : un client qui se blesse dans vos locaux, un café renversé sur son laptop pendant une réunion, un dégât des eaux dans votre coworking. Elle est souvent incluse dans les contrats RC Pro mais vérifiez les plafonds.

Si un client vous prête du matériel (serveur, laptop de test, credentials d'accès à son infrastructure), la garantie biens confiés couvre les dommages que vous pourriez leur causer. Indispensable si vous intervenez directement sur l'infrastructure du client.

En cas de litige, la protection juridique prend en charge vos frais d'avocat, d'expertise et de procédure. Même sans condamnation, les seuls frais de défense peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros sur une procédure longue.

Option devenue quasi indispensable en 2026 : elle couvre les conséquences d'une cyberattaque subie par vous et propagée à votre client. Exemple : un ransomware qui chiffre votre machine et se propage via un accès Git au système du client. Sans cette option, les dommages causés par le malware ne sont pas couverts par la RC Pro standard.

Si vous conseillez une stack technique, un hébergeur ou une architecture qui s'avère inadaptée, votre responsabilité de conseil peut être engagée. Cette garantie couvre les préjudices liés à des recommandations erronées, au même titre qu'un consultant IT.

À retenir
Attestation RC Pro. L'attestation est le document qui prouve votre couverture à vos clients. La plupart des néo-assureurs (Orus, Stello, Hiscox) la délivrent en ligne en quelques minutes après souscription. Pensez à la renouveler chaque année et à la joindre systématiquement à vos propositions commerciales.

Exclusions et pièges contractuels

Les exclusions sont la zone grise des contrats RC Pro. Un développeur doit les lire avec autant d'attention que la documentation d'une API critique — c'est là que se cachent les refus d'indemnisation.

Faute intentionnelle ou dolosive

Livrer volontairement un code que vous savez défaillant, contourner sciemment les procédures de test, ou utiliser un logiciel piraté. Seules les erreurs involontaires sont couvertes.

Activités non déclarées au contrat

Si votre contrat couvre le "développement web" mais que vous réalisez une mission d'infogérance ou de cybersécurité sans l'avoir déclarée, l'assureur peut refuser la prise en charge.

Sinistres antérieurs à la souscription

Les bugs ou failles existants avant la date de souscription ne sont pas couverts. D'où l'importance de souscrire dès le démarrage de l'activité.

Amendes et sanctions pénales

Les amendes administratives (CNIL, RGPD) et les sanctions pénales ne sont jamais couvertes par la RC Pro. Seuls les dommages civils sont indemnisables.

Obligation de résultat non assurable

Certains contrats excluent les engagements de résultat (SLA 99,9 % de disponibilité). Vérifiez si vos obligations contractuelles envers le client sont alignées avec les exclusions de votre assurance.

Propriété intellectuelle : utilisation volontaire

L'utilisation volontaire et délibérée de code, images ou contenus protégés sans licence est exclue. Seule la contrefaçon involontaire (dépendance transitive, erreur de licence) est généralement couverte.

Vérifier le plafond DINC

Il doit dépasser le montant de votre plus gros contrat en cours. Un plafond à 15 000 € est insuffisant pour du développement e-commerce.

Déclarer toutes vos activités

Développement, conseil, infogérance, formation : chaque activité exercée doit être déclarée pour éviter un refus d'indemnisation.

Lire les exclusions cyber et résultat

Vérifiez que les cyber-risques ne sont pas exclus et que vos obligations de résultat (SLA) sont compatibles avec le contrat.

Demander l'attestation immédiatement

Ayez votre attestation en main avant de démarrer toute mission B2B. Les clients la demandent de plus en plus systématiquement.

Prix et tarifs RC Pro développeur web en 2026

Les tarifs constatés en 2026 dépendent principalement du chiffre d'affaires, du type de prestations et du plafond de garantie choisi. Les néo-assureurs (Orus, Stello, Insify) proposent des offres à partir de 13 €/mois pour les micro-entrepreneurs, tandis que les assureurs spécialisés (Hiscox, AXA Pro) positionnent leurs offres sur des plafonds plus élevés. Les prix ci-dessous sont des fourchettes constatées sur le marché français.

Chiffre d'affaires

C'est le critère n°1. Plus votre CA est élevé, plus le risque financier potentiel pour le client est important, et plus la prime augmente.

Type d'activité déclarée

Un développeur front-end paie moins qu'un développeur qui manipule des données sensibles ou des paiements. L'infogérance et le DevOps sont les activités les plus tarifées.

Plafonds et franchises

Plus le plafond DINC est élevé et la franchise basse, plus la prime augmente. Certaines offres sans franchise coûtent 20 à 40 % de plus que les offres avec franchise de 500 à 1 000 €.

À retenir
Déductibilité fiscale. Si vous êtes en entreprise individuelle au réel, en EURL ou en SASU, les cotisations RC Pro sont déductibles de votre résultat imposable. En micro-entreprise, aucune charge n'est déductible du CA forfaitaire — mais la RC Pro reste fiscalement avantageuse via le dispositif Madelin pour les TNS.

Freelance et micro-entrepreneur développeur

Le statut de micro-entrepreneur est le point d'entrée le plus courant pour les développeurs freelances : inscription rapide, comptabilité simplifiée, charges sociales proportionnelles. Mais en matière d'assurance RC Pro, le micro-entrepreneur est aussi le profil le plus exposé : responsabilité illimitée sur le patrimoine personnel, aucune déduction possible des charges d'assurance sur le CA forfaitaire, et des plafonds de CA qui peuvent limiter la portée des contrats.

Le passage en société (EURL, SASU) modifie radicalement l'exposition au risque et les options d'assurance disponibles.

Responsabilité personnelleIllimitée — patrimoine personnel engagéLimitée aux apports (sauf faute de gestion)
Déductibilité RC ProNon déductible du CA forfaitaireDéductible du résultat imposable
Plafond CA77 700 € (prestations de service)Illimité
Dispositif MadelinNon accessibleAccessible (TNS en EURL, pas en SASU)
Couverture recommandéeRC Pro + cyber optionnelRC Pro + cyber + MRP si locaux
Coût RC Pro moyen150 – 350 €/an300 – 800 €/an

Agence, studio et ESN : responsabilité collective

Dès que vous employez des salariés ou gérez des sous-traitants, la dimension de responsabilité change d'échelle. L'agence ou l'ESN est responsable de l'ensemble des prestations livrées — y compris celles réalisées par un freelance sous-traitant. Le contrat RC Pro doit couvrir explicitement l'activité des sous-traitants, faute de quoi un sinistre généré par un prestataire externe ne sera pas indemnisé.

1

Vérifier la couverture sous-traitants

Avant chaque mission sous-traitée, exigez une attestation RC Pro du freelance. En parallèle, vérifiez que votre propre contrat couvre les dommages causés par un sous-traitant dans le cadre de votre prestation globale.

2

Adapter les plafonds au volume d'affaires

Une agence avec un CA de 500 k€ qui gère des projets e-commerce à 50 k€ pièce doit avoir un plafond DINC d'au moins 300 à 500 k€. Les plafonds "freelance" à 100 k€ sont insuffisants.

3

Couvrir les engagements de maintenance

La responsabilité post-livraison (TMA, support, SLA) est un risque spécifique aux agences. Vérifiez que votre contrat couvre la phase de maintenance et pas uniquement la phase projet.

DevOps, SaaS et responsabilité continue

Le développeur qui opère un service SaaS ou qui gère l'infrastructure d'un client en continu (DevOps, infogérance, MCO) fait face à un risque fondamentalement différent du développeur "projet" : sa responsabilité ne s'arrête pas à la livraison mais perdure tant que le service tourne. Un SLA de 99,9 % de disponibilité engage sa responsabilité 365 jours par an.

Contrat RC Pro adapté DevOps/SaaS

Engagements de service (SLA)Couverts — pénalités contractuelles prises en charge
Cyber-risquesInclus — propagation malware, fuite données
Plafond DINC300 k€ minimum — cohérent avec les enjeux SaaS
Responsabilité post-livraisonIllimitée dans le temps tant que le service tourne
Perte d'exploitation clientOption disponible — couvre le manque à gagner

Contrat RC Pro inadapté

Obligations de résultatExclues — SLA non couvert
Cyber-risquesAucune couverture — sinistre refusé
Plafond DINC15 k€ — insuffisant pour un arrêt de production
Responsabilité post-livraisonLimitée à 12 mois — risque béant après
Hébergement / infogéranceNon mentionné — activité non déclarée

Déclarer l'activité infogérance ou hébergement

L'activité "développement web" ne couvre pas l'infogérance ni l'hébergement. Déclarez explicitement ces activités pour éviter un trou de couverture.

Aligner SLA et exclusions RC Pro

Vérifiez que les engagements de disponibilité (SLA) que vous signez avec vos clients ne sont pas exclus par votre contrat RC Pro.

Souscrire l'option cyber-risques

Si vous manipulez des données sensibles ou que vous avez un accès permanent au SI du client, la couverture cyber est indispensable.

Calibrer le plafond DINC sur la perte journalière

Calculez la perte de CA journalière de votre plus gros client et multipliez par 7 jours. C'est le minimum de plafond DINC à exiger.

Cyber-risques et RGPD : les enjeux 2026

En 2026, les cyber-risques ne sont plus un sujet de niche — ils sont au cœur de l'activité de tout développeur. Le RGPD (règlement européen 2016/679) impose à tout responsable de traitement et à tout sous-traitant des obligations de sécurité des données personnelles. En tant que développeur, vous êtes souvent sous-traitant au sens du RGPD (article 28), ce qui engage votre responsabilité sur la sécurité du code que vous livrez.

La CNIL a prononcé des sanctions significatives pour des manquements à la sécurité des données, y compris pour des failles qui auraient pu être évitées par des bonnes pratiques de développement (chiffrement, authentification forte, journalisation). Ces amendes ne sont pas couvertes par la RC Pro, mais les dommages civils réclamés par les victimes le sont.

1

Faille dans votre code → exposition de données

Une injection SQL ou un endpoint API non sécurisé expose les données personnelles des utilisateurs finaux. Le client doit notifier la CNIL sous 72 heures (article 33 du RGPD) et peut se retourner contre vous pour le coût de la notification, de l'audit et de la remédiation.

2

Ransomware propagé via votre accès

Votre poste de travail est infecté et le malware se propage au SI du client via un accès VPN ou SSH. L'assurance cyber-risques couvre les frais d'expertise forensique, de restauration et les dommages au client. Sans cette option, la RC Pro standard refuse souvent la prise en charge.

3

Sous-traitance RGPD et clause contractuelle

En tant que sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD, vous devez formaliser un accord de sous-traitance avec chaque client. L'absence de cet accord ne vous exonère pas de responsabilité — elle l'aggrave.

Sources et références

Ce guide s'appuie sur les textes législatifs en vigueur, les publications des organismes professionnels et les données de marché de l'assurance RC Pro en 2026.

Article 1240 du Code civil — responsabilité civile délictuelle.
Article 1170 du Code civil — nullité des clauses vidant l'obligation essentielle.
Articles L241-1 à L243-9 du Code des assurances — obligations d'assurance (BTP, professions réglementées).
Règlement (UE) 2016/679 — RGPD, articles 28 (sous-traitant) et 33 (notification de violation).

Numeum (ex Syntec Numérique) — données sur le secteur du numérique en France.
CNIL — sanctions et recommandations en matière de sécurité des données.
Bpifrance Création — liste des activités réglementées et obligations d'assurance.

À retenir
Transparence OmniaAssur. OmniaAssur n'est ni assureur, ni intermédiaire en assurance immatriculé ORIAS. Ce guide est un contenu éducatif indépendant. Les prix mentionnés sont des fourchettes constatées sur le marché français en 2026 et ne constituent pas une offre commerciale.

FAQ (Questions fréquentes)

Non, le développement web (code NAF 6201Z) n'est pas une profession réglementée et la RC Pro n'est pas légalement obligatoire. Cependant, elle est fortement recommandée car selon les données de marché, environ 87 % des clients B2B exigent une attestation avant de signer un contrat.
Les tarifs constatés en 2026 vont de 150 €/an pour un micro-entrepreneur débutant à 700 €/an pour un freelance senior avec option cyber-risques. Pour une agence, comptez entre 1 200 et 3 000 €/an selon le CA et les plafonds.
Le DINC (dommage immatériel non consécutif) est une perte financière pure subie par le client sans dommage matériel préalable. Exemple : un bug qui fait perdre du CA sans casser de matériel. C'est le type de sinistre le plus fréquent en développement web. Vérifiez que votre plafond DINC est d'au moins 100 000 €.
Oui, à condition que le bug soit une erreur involontaire (non intentionnelle). La RC Pro couvre les conséquences financières de l'erreur : perte de CA du client, frais de correction d'urgence, dommages et intérêts. Les bugs introduits délibérément ou par négligence grossière peuvent être exclus.
Uniquement si votre contrat inclut l'option cyber-risques. La RC Pro standard exclut généralement les dommages liés aux cyberattaques. L'option couvre les frais d'expertise forensique, de restauration des données et les dommages au client.
Non, la convention collective SYNTEC n'impose pas la souscription d'une RC Pro. Elle encadre les responsabilités des entreprises et salariés du numérique, mais n'en fait pas une obligation contractuelle.
La décennale est obligatoire pour les métiers du BTP et couvre les défauts de construction pendant 10 ans. Elle ne concerne pas les développeurs web. La RC Pro couvre les dommages causés à un tiers dans le cadre de votre activité (bugs, retards, failles). Ce sont deux assurances complètement différentes.
Non, la société de portage salarial fournit sa propre RC Pro qui vous couvre pendant vos missions. Cependant, vérifiez les plafonds et exclusions : certains contrats de portage plafonnent les DINC à des montants insuffisants pour des missions critiques.
Les néo-assureurs comme Orus, Stello ou Insify proposent une souscription 100 % en ligne en quelques minutes. L'attestation est généralement téléchargeable immédiatement après validation du paiement. Chez les assureurs traditionnels, le délai peut aller de 24 heures à plusieurs jours.
La plupart des contrats couvrent la contrefaçon involontaire : utilisation par erreur d'une bibliothèque sous licence incompatible, intégration accidentelle de code protégé via une dépendance transitive. L'utilisation volontaire et délibérée de code protégé est exclue.
Oui, impérativement. Si vous développez mais aussi formez des clients ou faites du conseil stratégique, chaque activité doit être déclarée. Un sinistre survenu lors d'une activité non déclarée peut entraîner un refus d'indemnisation.
Votre RC Pro vous couvre pour le livrable global, y compris la partie sous-traitée, si votre contrat inclut la couverture sous-traitants. En parallèle, exigez une attestation RC Pro de votre sous-traitant. En cas de sinistre, votre assureur pourra se retourner contre celui du sous-traitant.
En micro-entreprise, non — aucune charge n'est déductible du CA forfaitaire. En entreprise individuelle au réel, EURL ou SASU, les cotisations sont déductibles du résultat imposable. Les TNS (gérants EURL) peuvent aussi bénéficier du dispositif Madelin pour déduire les cotisations au-delà du forfait.